Des vélos et des trains

De la Suisse à Vienne

                 C’est avec enthousiasme que nous sommes arrivée dans la nuit à Vienne, avec nos deux vélos bien propres, les bagages rangés, la remorque toute neuve et une trotteuse bien trop éveillée pour l’heure. Malheureusement, il n’était pas possible de prendre le train de nuit de notre petite ville de la Suisse jusqu’à Vienne avec les vélos; il nous a donc fallu être patient. Les 8 heures de train ont été un réel plaisir, surtout pour mademoiselle qui a découvert avec bonheur le ‘’kinder kino’’ (cinéma pour enfants). Rien de mieux qu’un film de 45 min qui joue en boucle pendant 6 heures pour divertir une petite de 2 ans. 

À la fin du voyage, notre trotteuse parlait presque l’allemand à force de répéter les dialogues du film. C’est à se demander si on aurait dû exercer un meilleur contrôle parental…

Et nous pendant ce temps, nous avons relaxé en discutant, fébriles, bière à la main, de nos plans de voyage. 

J’adore prendre le train. Depuis que nous habitons en Suisse, je découvre les plaisirs simples des escapades en train. Pas de conduite, pas de trafic, accès aux toilettes et de grandes allées pour se dégourdir les jambes. Avec un peu de chance, on se retrouve dans le wagon famille, place de jeux et petits copains en prime ; pour les parents, c’est le bonheur. Ce mode de transport s’accorde parfaitement avec notre philosophie de vie ; alors qu’au Québec, il n’est plus possible de prendre le train pour se rendre dans les petits villages bien fréquentés du fin fond des Laurentides, en Europe, nous découvrons les joies de la vie sans voiture. Les distances sont incomparables, vous me direz, mais cet argument sonne vieillot à mes oreilles. Je ne peux pas me résigner à croire que la seule solution de transport repose sur la voiture. Il y a quelque chose qui cloche quand on pense au prix de l’essence, à l’entretien d’une voiture, les plaques, les assurances, la congestion à l’heure de pointe… au nombre de personnes qui voyagent de nos jours et aux possibilités technologiques qui n’ont jamais été aussi nombreuses. Il y a aussi toute la question de l’obésité, de l’immobilité collective, du diabète de type 2 qui est en hausse, de la pression qui monte. Il y a forcément un lien à faire entre toutes ces variables.

Enfin, pour certains, la voiture, c’est la liberté. Pour nous, c’est l’enfer. Conduire en me faisant crier dans les oreilles par un enfant immobile dans son siège d’auto ou courir après une petite trotteuse dans le train… Ça vaut bien l’effort de traîner les bagages, à mon avis.

Des vélos et des trains

En cyclotourisme avec les enfants, il faut être flexible et se donner des options. Pour nous, le plan B, c’est le train. Mais attention, je dis bien plan B ! Car si l’idée est attrayante, question de sauver des kilomètres et d’éviter quelques torrides montées, on réalise vite que prendre le train avec deux vélos, une remorque, des sacoches, une tente et une trotteuse de 2 ans et demi sur son dos… c’est presque autant d’efforts et certainement plus de logistique que de traverser un col des Alpes. Mais c’est une option qui nous donne une certaine liberté.

Entre Budapest et le lac Balaton, on n’était pas trop sûr de notre coup. La route n’était pas claire, et on ne se sentait pas inspiré. Question de sauter un bout peu intéressant, nous avons plutôt opté pour le train. Nous avons eu amplement le temps d’embarquer vélos, remorque, sacoches, doudou et bébé… complètement à l’arrière du train dans le wagon cargo sans fenêtres. 

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C’est en Slovénie que les choses se sont corsés. Après une journée complète à rouler sur l’accotement d’une route de zone industrielle à se faire dépasser à pleine vitesse par des camions de bois, on en a eu assez et on s’est dit qu’il valait mieux prendre le train.

Ne sachant trop comment prendre le train avec les vélos, la remorque, les sacoches, la tente et le bébé (vélo dans le train, chaque pays a ses règles.), nous sommes arrivée bien en avance. Ne parlant pas un mot de slovène, nous n’étions pas sur de la procédure à suivre. 

Pas évident de comprendre ce qui se dit à l’intercom du quai, mais on faisant quand même semblant d’écouter, comme si on allait comprendre quelque chose aux annonces.

Bref, on a fini par deviner que notre train était en retard… puis un train est arrivé, ce qui nous a fait dire qu’on avait mal deviné. C’est à ce moment qu’on s’est mis à courir partout; vite vite attrape le bébé, les sacoches, les vélos, la tente, la remorque; traverse la voie ferré, cours à l’avant du train.. Non, c’est en arrière qu’il faut monter avec les vélos, ça à l’air! 

Jette les bolides un a un dans le wagon, les sacoches, la remorque, la tente et monte dans le train avec bébé sur le dos. OUF! J’espère qu’on n’a rien oublié…

Finalement, de peine et de misère, nous avons réussi à faire tenir les vélos en équilibre, bloquant toute la place dans l’étroit corridor du wagon. La contrôleuse du train, avec son sifflet, n’avait pas l’air contente; elle nous faisait tout plein de signes qu’on ne comprenaient pas trop. On se demandait vraiment, c’était quoi l’idée de nous faire embarquer dans un wagon aussi étroit… Jusqu’à ce qu’on comprenne qu’on était même pas dans le bon train, et que le train réservé pour les vélos, était bel et bien en retard. Que voulez-vous, on n’avait rien compris!

La contrôleuse a finalement fait semblant de rien, je pense qu’elle ne voulait pas se casser la tête à engueuler deux touristes niaiseux… Et puis, nous avons mis de l’avant les charmes indiscutables de notre trotteuse, et la madame est devenue gaga.

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